hugo

( j'espère que vous noterez avec émoi que j'ai découvert ce soir la fonction "lasso" de mon logiciel de retouche d'images )( dingue , isn't it ?! )( prochaine étape : prendre mes cachets pour réussir à entourer le machin sans trembler et faire un truc un poil plus classieux, on n'est pas chez mémé  ... )

index

L' OGRE DE MOSCOVIE

Un brave ogre des bois, natif de Moscovie,
Etait fort amoureux d’une fée, et l’envie
Qu’il avait d’épouser cette dame s’accrut
Au point de rendre fou ce pauvre cœur tout brut ;

L’ogre un beau jour d’hiver peigne sa peau velue,
Se présente au palais de la fée, et salue,
Et s’annonce à l’huissier comme prince Ogrousky.

La fée avait un fils, on ne sait pas de qui.
Elle était ce jour-là sortie, et quant au mioche,
Bel enfant blond nourri de crème et de brioche,
Don fait par quelque Ulysse à cette Calypso,
Il était sous la porte et jouait au cerceau.

On laissa l’ogre et lui tout seuls dans l’antichambre.

Comment passer le temps quand il neige en décembre,
Et qu’on n’a personne avec qui dire un mot ?
L’ogre se mit alors à croquer le marmot.

C’est très simple. Pourtant c’est aller un peu vite,
Même lorsqu’on est ogre et qu’on est moscovite,
Que de gober ainsi les mioches du prochain.
Le baillement d’un ogre est frère de la faim.

Quand la dame rentra, plus d’enfant. On s’informe.
La fée avise l’ogre avec sa bouche énorme.

As-tu vu, cria-t-elle, un bel enfant que j’ai ?

Le bon ogre naïf lui dit : je l’ai mangé.

Or, c’était maladroit.

Vous qui cherchez à plaire,
Jugez ce que devint l’ogre devant la mère
Furieuse qu’il eut soupé de son dauphin.

Que l’exemple vous serve ; aimez, mais soyez fin ;
Adorez votre belle, et soyez plein d’astuce ;
N’allez pas lui manger, comme cet ogre russe,
Son enfant, ou marcher sur la patte à son chien.

SignatureHugo