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Wapitam pam papwé, zipam pam pam pam, pam papwé {x2}

Je porte à l'auriculaire une chevalière
Un point quatre carats, large comme ma face
On dit que je prends des airs, je fais des manières
Mais quand je donne ma main, tu l'embrasses

Quand mes fesses plissées s'enfoncent dans le cuir
Mon pouvoir est bien en place
Et je lâche pour moi-même un sourire
Aussi loin que me ramènent mes souvenirs sur terre
J'ai toujours rêvé d'être un gangster

Un affranchi, c'est tout réfléchi
Et je remercie Martin Scorsese et Joe Pesci
Nous célébrons toute votre classe éternelle
Lors de nos joutes au petit vin blanc, sous les tonnelles

Wapitam pam papwé, zipam pam pam pam, pam papwé {x2}

Entre toutes les familles du milieu
Les règles sont strictes et chacune a son territoire de jeu
Inutile pour un chanteur aphone de Noisy-le-Sec
De vouloir faire la nique aux voix surpuissantes du Québec
Un jour, un frimeur de Passy se mit à faire du ragga dub style
Des gars de Saint-Denis sont venus chez lui et l'ont criblé de balles vocales
Inutile de jouer l'imposture
Les faux Django se prennent des cartouches
De riffs manouches
À coup sûr

Élevé au Godfather un, deux, trois
Jamais vu de vrais guns ailleurs qu'au cinéma, au casino
En costard mauve un freak dans la mafia
Philosophie de Sicile, omerta
Mes amis, mon clan, mes frères, mes good fellas
Nos guitares sont des Famas
Et nos basses font trembler les bougnats
Quand dans les brumes du Quartier Latin
On entend se friter les petits chanteurs du quotidien

Je porte sous mon suaire un complet gris clair
Et les fils de soie recouvrent ma carcasse
Avoir l'art et la manière de quitter la terre
Pleuré par la mamma et touché par la grâce
Et mon âme libérée retourne dans la Lune
Les étoiles ont trop la classe
Et je restitue mon corps sans rancune
Aussi loin que me mène mon chemin dans l'univers
Transporté par des airs de gangsters
De la chanson française d'après-guerre

Wapitam pam papwé, zipam pam pam pam, pam papwé
Wapitam pam papwé, twidibiwap idiwo, na twidibiwap idiwo
Eh eh oh wé !

index

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 Et tant qu'on y est :

REPENTI - Renan Luce:

Des spaghettis, de la sauce tomate
Dans la banlieue nord de Dijon
J'ai choisi la voie diplomate
Qui m'a évité la prison

Ça fait 20 ans que je me cache
Et je pensais vivre bien moins
Le FBI remplit sa tache :
La protection d'un témoin

Repenti
J'ai trahi

J'aurais bien pû casser des pierres
Au pénitencier du Texas
Mais je me finis à la bière
Dans un PMU bien moins classe

Tous les soirs on remplit mon verre
Et on rigole, on me salit
Quand je raconte mes tours de verre
Ma vie à Little Italy

Repenti
J'ai trahi

Mafioso jusqu'au bout des ongles
Je suis devenu le pochtron du coin
Quand les hommes de main de mon oncle
Recherchent Tony-les-deux-poings

Dans les premiers mois de ma planque
J'ai cru que ma vie serait la même
En recréant ce qui me manque
De ma Sicile américaine

J'ai aidé quelques connaissances
Dans leurs querelles de voisinage
Deux trois corps imbibés d'essence
Quelques accidents de ménage

Repenti
J'ai trahi

Mafioso jusqu'au bout des ongles
Je suis devenu le pochtron du coin
Quand les hommes de main de mon oncle
Recherchent Tony-les-deux-poings

Quand mes petits voisins, des frères et soeurs
Me montraient leur carnet de notes
Je rencontrais leur professeur
Et prélevais quelques quenottes

Mais aujourd'hui je suis trop vieux
Je m'occupe de mes hortensias
C'est étrange comme ils poussent mieux
Qu'ai-je bien pu donc enterrer là ?

Repenti
J'ai trahi

Dans les fourrés, quelque chose bouge
J'aperçois l'ombre d'un sniper
Sur ma poitrine une lumière rouge
Je t'attendais, je n'ai pas peur

Qu'on m'allonge sur mon lit
Sur mon coeur une fleur d'hortensia
Je vais revoir le Stromboli
Je vais oublier la Mafia

Repenti
J'ai trahi

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